Urbanisation, écrans, déplacements motorisés… Aujourd’hui, nous passons près de 90 % de notre temps éveillé en intérieur. Comment notre relation à la Nature s’est-elle à ce point transformée, et quelles sont les conséquences de cette déconnexion sur la santé physique et mentale de nos enfants ? Découvrez pourquoi il est plus que jamais essentiel de remettre le nez dehors.
Le lien entre l’être humain et la Nature a beaucoup évolué au cours des dernières générations.
Dans l’Histoire, les premiers humains sur terre vivaient complètement en extérieur. La Nature leur apportait un confort de vie : nourriture, chaleur, distraction… Pour survivre, ils n’avaient pas d’autre choix que de chasser ou de cueillir.
Ensuite, l’urbanisation de notre société est apparue avec le développement des villes. L’humain a laissé son empreinte dans la Nature en construisant des bâtiments, des infrastructures… Les espaces Naturels deviennent ainsi des lieux plus “sectorisés” : parcs, jardins publics, forêts… Les Hommes les utilisent pour se divertir, se reposer ou se ressourcer.
Aujourd’hui, l’humain est de plus en plus sensibilisé à l’écologie, au bien-être environnemental mais nous nous rendons compte que le contact sensoriel brut avec les éléments Naturels (terre, herbe…) est beaucoup moins présent.
Le lien entre l’environnement extérieur et la Nature s’est modifié, il a évolué. L’Homme, bien qu’il ait marqué la Nature de son empreinte, ne vit plus en symbiose avec elle comme par le passé. Un lien s’est distendu.
Les statistiques nous montrent que l’être humain passe de moins en moins de temps au contact de la Nature.
Nous passons 80% de notre temps dans les bâtiments ou dans l’habitacle des véhicules (source Association Promotion Santé Auvergne-Rhône-Alpes) et 90% du temps éveillé se déroule en intérieur.
Aujourd’hui, les déplacements en transports motorisés sont privilégiés par rapport aux déplacements à pieds, à vélos… L’évolution des technologies nous a aidé dans notre quotidien (voiture, train, supermarché de proximité…) ce qui nous laisse moins l’opportunité de sortir, de marcher, de prendre l’air. Ce phénomène nous a “déconnecté” de notre environnement Naturel. Nous sommes donc moins en contact avec l’environnement extérieur et avec la Nature. Nous nous dépensons moins aussi.
Pour les enfants, nous nous apercevons que leur lien avec la Nature est assez différent de ce que nous avons pu connaître à leur âge. 85% des enfants n’ont pas d’accès quotidien à un espace vert proche (contre 60% en 1990) (source Banque des Territoires). Ce chiffre est un réel indicateur pour comprendre que l’environnement extérieur et Naturel n’est plus ancré dans le quotidien des enfants.
Plusieurs explications sont possibles :
- L’urbanisation de l’environnement :
60% des trajets scolaires se font en voiture ou bus (dont 31,7% en voiture), malgré des distances inférieures à 2km pour un enfant sur deux (soit 20 min à pied). - La sédentarité et le temps d’écran :
Le confinement de 2020 a eu un réel impact sur le temps passé devant les écrans et sur le lien avec ses pairs. Nous étions chacun “enfermés” dans un lieu clos en ayant comme unique possibilité pour communiquer d’utiliser des outils technologiques (téléphones, ordinateurs). Les sorties étaient également limitées et contrôlées. - Craintes extérieures :
Peur de l’accident, de la pollution, de la météo, peur de se salir…
L'impact de ce manque de Nature chez les êtres humains
Permettre aux enfants de sortir et de prendre l’air c’est aussi leur garantir une meilleure santé.
Tout d’abord, le système immunitaire est renforcé grâce à une exposition régulière en extérieur. Une étude finlandaise menée sur des garderies accueillant des enfants de 3 à 5 ans a démontré que : « Le contact avec la Nature permet d’éviter l’affaiblissement du système immunitaire et les maladies auto-immunes comme les allergies… »
Cette étude réalisée avec un groupe d’enfants jouant quotidiennement dans la terre durant 28 jours a montré que « les microbes qui se trouvaient sur la peau et dans les intestins des enfants avaient largement gagné en diversité. » Ces microbes contenus dans la terre, l’herbe… sont enrichissants pour notre microbiote cutané et intestinal. Même en intérieur il est possible de manipuler des éléments de la Nature qui seront bénéfiques au développement et aux découvertes des enfants (À découvrir dans notre article « Faire entrer la Nature à l’intérieur »).
Un environnement parfois trop aseptisé et aussi trop enfermant ne permet pas à l’être humain de solidifier son système immunitaire. Il est même prouvé que l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur. Cette pollution peut provenir d’un environnement trop humide, de poussière, de moisissures, de produits ménagers… qui peut entraîner des conséquences sur la santé physique : maux de tête, irritation des yeux, toux, gênes respiratoires…
Rester à l’intérieur, ne pas prendre l’air ou ne pas bouger entraîne un phénomène que l’on appelle la « sédentarité » qui peut provoquer des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, des troubles musculo-squelettiques…
La santé mentale en est aussi impactée lorsque l’on ne profite pas de l’extérieur régulièrement : augmentation du risque de dépression, d’anxiété, de la fatigue, des troubles de la concentration, d’une baisse d’énergie…
Par ailleurs, la luminosité de l’extérieur peut aussi manquer si nous restons enfermé trop longtemps.
En effet, elle permet à notre corps de sécréter de la vitamine D. Cette vitamine est essentielle à notre bien-être physique et permet de réguler le calcium et le phosphore, elle soutient la croissance de l’enfant et maintient la solidité osseuse.
En plus de la vitamine D, la luminosité extérieure à d’autres bienfaits : elle permet de diminuer les risques de développer un trouble de la vision.
« Passer du temps dans la Nature est essentiel au bon développement de l’enfant, sur le plan psychologique autant que sur le plan physique.
Certains chercheurs affirment même qu’une dose quotidienne de Nature peut prévenir et traiter de nombreux troubles médicaux. »
Melissa Lem, médecin experte internationalement reconnue pour ses recherches sur les bienfaits de la Nature sur la santé.
Des études ont montré que le développement de la myopie peut être favorisé par un manque de contact avec la lumière Naturelle. Une étude de l’IPSOS évoque même qu’ « en favorisant la sécrétion de dopamine, la lumière Naturelle contribuerait à limiter l’allongement de l’oeil et donc à freiner le développement ou l’aggravation de ce trouble de la vision ».
Il est donc essentiel de permettre aux enfants (et aux adultes) de s’exposer à l’air extérieur, de rentrer en contact avec la Nature, de voir la lumière du jour. Même en appartement, 15 min à la fenêtre pour profiter de la lumière est bénéfique. Cela est plus que nécessaire tant pour notre santé physique que pour notre santé psychique ! C’est pourquoi, il est important de renouer avec cette Nature qui nous soigne tant.


